Vers ma fin - Sophie White


«Je suis folle, je porte malheur, je suis maudite, je suis une traîtresse. Mais je ne sais toujours pas pourquoi.»

Le résumé :

Sur une île au large de l'Irlande, Aoileann vit recluse avec sa grand-mère et sa mère, une présence inerte qu'elle appelle la " chose du lit ". Jamais elle n'a quitté cet endroit hostile, où les murmures du vent semblent porteurs de mystères anciens. Lorsque Rachel, une artiste venue du continent, débarque avec son nourrisson, Aoileann découvre une douceur et une chaleur qui lui ont toujours été refusées.
Mais sa fascination grandissante pour cette femme et son enfant se transforme bientôt en une obsession dévorante, réveillant les fantômes du passé et libérant des ténèbres qu'elle ne peut plus contenir.


«Elle m’explique qu’elle peint, qu’elle dessin et qu’elle coud. Elle me dit que peindre, dessiner et coudre ne sont que des gestes, que c’est l’intention qui fait l’art. Si l’intention est de communiquer une sensation intangible, une vérité évasive qui résisterait à la prison des mots, alors c’est de l’art.»


Ma chronique :

En voilà un roman étrange et dérangeant. Vers ma fin de Sophie White nous plonge dans une ambiance austère et étouffante, sur une île inhospitalière d’Irlande battue par le vent et la pluie. On y fait la rencontre de Aoileann, une jeune femme vivant recluse qui s’occupe de sa mère alitée, avec parfois l’aide de sa grand-mère, dans une maison de pierre humide et froide.

Les premières pages du livre donnent tout de suite le ton car on ressent en quelques phrases la haine qui habite Aoileann vis-à-vis de sa mère qu’elle appelle "la chose du lit" et qui l’empêche d’avoir une vie et un quotidien qui lui soient propres. Aoileann a 17 ans mais elle semble se comporter comme une enfant, elle n’a rien appris et ne connaît rien du monde extérieur.

Au fil des pages, on se rend également compte que les habitants de l’île sont apathiques, effrayés et méprisants envers Aoileann. C’est très mystérieux, on a envie de savoir pourquoi elle est tant détestée et rejetée et il faudra attendre la fin du roman pour en comprendre les raisons. On sent le poids des secrets familiaux et des superstitions qui pèsent sur les épaules de cette jeune femme qui n’a rien demandé.

De nombreux passages sont difficiles à lire car Aoileann se montre maltraitante envers sa mère inerte qui ne peut se défendre ni appeler à l’aide. La cruauté de la jeune femme va de plus en plus loin et suscite le dégoût et la colère. L’arrivée d’une artiste venue du continent, Rachel, accompagnée de son bébé, va venir bouleverser le quotidien d’Aoileann qui tombe alors dans une obsession malsaine et intrusive.

Difficile de noter ce roman, de savoir si je l’ai apprécié ou non tant il est particulier et oppressant. Ce qui est certain, c’est que les pages se tournent vite et que Sophie White a un grand talent pour susciter en quelques mots et métaphores l’inconfort et pour construire une atmosphère immersive entre fascination et répulsion.  


Ma note :


«L'espoir, ai-je fini par comprendre, ce peut être un nœud coulant. Quand nous espérons, nous glissons allégrement notre cou dans cette boucle sadique en attendant que la trappe s'ouvre. Quand j'étais plus jeune, j'ai eu de ces espoirs pathétiques qui s'achevaient toujours les pieds dans le vide.»

Titre : Vers ma fin
Autrice : Sophie White
Éditeur : Fleuve éditions
Publication : octobre 2025
Prix : 18,95€
Nombre de pages : 256
ISBN : 9782265159334

Commentaires